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Premier jour en Ecole Paramoteur

 

 

1° jour, 9 heures tapantes, comme convenu, je frappe à la baie vitrée du pavillon perdu dans un endroit calme plein d'arbres et de vert.

Le ciel est bleu strié de fines lamelles floues tirant sur le blanc qui le rend difficile à regarder. Les traînées blanchâtres des réacteurs d'avions deviennent de plus en plus nombreuses depuis que je les regarde. Je descends tranquillement l'allée du jardin.

Je fais le tour de la maison et me retrouve devant une baie vitrée qui donne accès à une véranda. Celle-ci prolonge vers l'arrière une petite mais coquette maison.
Fulgence m'ouvre et je pénètre dans cette pièce toute en vitres qui sert de salle de briefing, je m'assied à la table de bois clair où quelques documents sont posés.

Nous parlons de chose et autre. Farfouillant dans mon sac à dos je sors la grande enveloppe reçue de la DGAC et dans laquelle ce matin avant de sortir de mon appartement du neuf trois, j'avais glissé mon chéquier, un certificat médical périmé de 3 mois ainsi que l'original du brevet théorique ULM.

D'après ce que j'ai compris le certificat médical n'est pas obligatoire pour le Paramoteur mais la Fédération à laquelle est affilié le club l'exige pour assurer les premiers vols

En effet aujourd'hui, je viens m'inscrire au brevet pratique paramoteur. C'est un grand jour car depuis 14 ans je n'ai plus touché une voile de parapente que de loin en loin.

La paperasse est présente sous mes yeux, et pensant à mille choses, je ne la remplis pas correctement oubliant carrément de mettre mon nom ou ma date de naissance ou mon numéro de téléphone.

Après avoir bu le café proposé, nous nous levons et prenant le sac contenant la voile que je vais devoir utiliser, je découvre avec étonnement qu'elle pèse bien moins lourd que ma XP de Custom Sail, voile de 1993 qui maintenant se meurt doucement dans un placard en Sardaigne et que je ressors avec plaisir quelques fois pour jouer dans le petit vent sur la plage.


Nous prenons ma voiture et nous nous dirigeons de l'autre coté de l'Oise sur le plateau du Vexin ou nous trouverons un des champs qu'utilise l'école dont je viens d'entrouvrir la porte.

Pas un souffle de vent, il est 10h45, et la voile que j'utiliserai tout à l'heure quand la sellette sera fixée est une 18 m², une ITV parait-il, une Awak je crois mais je ne suis pas sûr.

J'ouvre le sac contenant cette fameuse aile de l'année. Elle est petite dans son sac de protection. Je ne sais pas comment elle est pliée et dis à Fulgence. que je ne sais pas par quel bout la prendre.

Il la déplie pendant que je me harnache dans la sellette qui a les mêmes boucles carrées que je connaissais sur la mienne. Plus de 15 ans pour retrouver les mêmes systèmes d'attache !

Quel progrès en parapente !

   
  L'instructeur m'explique comment prendre les suspentes et les freins, mais les sangles sont toutes de la même couleur noire et triste, et je m'y perds un peu si je ne vois pas le petit bout de tissus rouge sombre qui marque les avants. Quel changement avec mes suspentes d'antan qui se repéraient d'un fuschia, d'un violet et d'un jaune vif.
 
 

Explications encore quant au levé de la voile sans vent. Je me mets entre les 2 paquets de suspentes, le torse en avant, les bras fainéants, j'avance comme un cheval et . la voile s'écrase mollement. Je n'ai eu aucune sensation une fois qu'elle s'était levé, contrairement à ma XP qui même sans vent se faisait sentir durement.

Je suis de la vieille école et donc avec un semblant de souffle asthmatique de Eole je me mets face à la voile. Je la vois donc je la sens !!! . J'arrive à la monter, elle est tellement légère !!!

Par contre pour la gérer avec les freins il va y avoir du boulot car je suis habitué à contrôler avec les avants et les arrières. Je me trompe quant à la main qui doit tenir le frein gauche ou droit. Ils se croisent à ne rien y comprendre ! Je la dirige avec les suspentes mais il n'y a pas les couleurs vives habituelles, je m'y perds. C'est tristes des suspentes toutes noires !

Je me remets dos à la voile et recommence à la lever, une fois sur deux j'arrive à la contrôler mais sans vent j'ai du mal à courir avec mes 90 kilos qui s'appuient sur un genou un peu rêveur et douloureux à la fin.

C'est fou ce qu'elle est légère et même si c'est une 18 m² et qu'il n'y a pas de vent, face à elle je la sens réagir et vivre.

Midi et demi, la coiffe des rotateurs du bras gauche me supplie de cesser pour aujourd'hui de lui en faire voir des vertes et des pas mûres.

Je suis d'accord, demande à Fulgence. de pouvoir arrêter la leçon, me détache de la sellette qui durant cette première approche s'est faite discrète.

Avant de rentrer nous avons vu ce qui cloche dans mes gestes et je me rends compte qu'il va falloir vraiment et lâchement que je ne fasse plus la comparaison avec ce que je connais d'une voile d'il y a 15 ans. Les automatismes vont devoir être remplacés et renouvelés.

Rendez vous est pris pour demain, en priant St Eole de me donner un chouïa de vent.

 

BP

 
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